Archive pour la catégorie ‘Anticipation’

Liens et noeuds

Lundi 8 juin 2009

Un article de Narvic sur Novövision: Hadopi : et si on s’était trompé de bataille ? offre une analyse oblique et stimulante du débat sur la loi Hadopi, en l’interprétant comme l’une des étapes de la grande bataille en cours entre les industries culturelles et les industries du transport et du traitement de l’information (télécoms, informatique, Internet), bataille plus ou moins activement arbitrée par le gouvernement (qui poursuit ses propres intérêts) et accompagnée par la myopie relative d’un public en général assez indifférent à la technicité juridique des enjeux, quand il n’est pas tout simplement manipulé (c’est-à-dire incité à s’engouffrer dans des voies toutes tracées, dont les tenants et aboutissants lui échappent…). La conclusion de l’article donne à entendre que le véritable combat n’est pas celui des titans déjà cités, mais celui qui concerne les intérêts du citoyen, "qui est aussi un consommateur".

(On peut ici noter entre parenthèse que  le citoyen peut être aussi un mortel, ou un amoureux, ou un rêveur, ou un cinéphile, ou un philosophe. Il y a donc beaucoup de catégories de citoyens à défendre, et je ne suis pas sûr que le combat (non encore tranché) sur la constitutionalité d’Hadopi prendra en compte de manière équivalente les intérêts divergents des uns et des autres. Qu’est-ce que l’intérêt général dans une cacophonie de désirs et de besoins ?)

Mais continuons. Les commentaires postés en réponse à cet article de Narvic furent nombreux et en général fort bien venus. Parmi eux, celui de Fabrice Epelboin donne une petite idée d’enjeux supplémentaires en cours en évoquant le rapprochement de Twitter et de Bit.ly  . Ce rapprochement éclaire le "lien", si j’ose dire, plus général entre la bataille des titans et l’émergence de la nouvelle économie du lien, liée à l’usage de technologies d’analyse sémantique comme Open Calais, ou de moteurs de recherche à base d’analyse des sentiments (réactions positives, critiques, enthousiastes) comme Summize (qui a été racheté par Twitter). Le fait que Open Calais soit propriété de Reuters permet alors d’induire que des stratégies "plus fines" sont tentées par certains grands "anciens" de l’information pour lutter contre la stratégie de contrôle et d’étouffement du principal joueur actuel dans le domaine du web.

Je ne suis pas prophète, et je ne sais vraiment pas comment les choses vont tourner. Ce qui est sûr c’est que les enjeux ne cessent de monter, et que les monopoles qui sont en cours de renforcement (ou encore seulement putatifs) semblent d’une nature autrement plus incisive et radicale que ceux qui prévalaient aux siècles derniers, par exemple au temps des barons voleurs (pétrole, chemin de fer). Dans ce contexte Hadopi peut bien n’être qu’un ballon d’essai, dans un contexte très franco-français. L’essai peut tourner court, ou au contraire ouvrir la voie à un Big Brother 3.0, rapidement généralisé par des intérêts oligarchiques (qui restent à analyser). Qu’en Suède le parti des Pirates ait pu faire un score suffisant pour envoyer un député au parlement européen, indique qu’un commencement de prise de conscience "politique" sur ces sujets affecte le corps électoral.

Mais au-delà de l’économique et du politique, il y a les temps longs, très longs. Ce sont eux qui m’intéressent le plus. L’imprimerie façon Gutenberg date du 15ème siècle. Que sera le web devenu au 27ème siècle de notre ère?
Que sera un "document" à cette date? Rêvons un peu, pour voir.

Ville et temps réel

Vendredi 9 janvier 2009

Faisons l’hypothèse qu’une voiture en cycle urbain consomme en moyenne 30 à 40% de son carburant inutilement (embouteillages, places de parking introuvables). Si chaque voiture était équipée d’un GPS et d’une balise RFID active, si toutes les places de parking disponibles à tout moment dans la ville étaient connues, et si voitures et places de parkings étaient reliées en permanence à un ordi central, on pourrait concevoir aisément une allocation optimale des unes et des autres.

Tout cela relève encore de la prospective, mais il est inévitable que ce genre d’idées soit mis en place sous peu. Bien sûr, les uns crieront à la montée du Big Brother. D’autres joueront la carte des économies d’énergie. Des débats sans fin s’ensuivront, et puis l’exemple nous viendra de Los Angeles, de Londres ou de Singapour, et l’on finira par adopter ce genre de système en mettant quelques garde-fous.

Mais il y beaucoup plus à tirer de ce paradigme de la "ville en temps réel". On pourrait sans doute visualiser en temps réel et en permanence (un LifeLog à l’échelle de villes entières) les déplacements des uns et des autres, leur utilisation de services publics, leurs déambulations dans tel ou tel quartier, à la recherche d’une pharmacie ouverte un dimanche, ou d’un fleuriste en mai. Potentiels énormes, vous l’avez compris. Cela mettra un peu plus de temps, mais cela arrivera.

Et puis, lâchons-nous. Avec l’Internet des objets, l’étiquetage généralisé par des puces RFID de l’ensemble des produits et objets, et l’étiquetage ontologique des usages, des concepts, des intentions affichées (voir les applications des langages OWL Web Ontology language), c’est à une gestion intégrée et parfaitement optimisée des flux humains, intellectuels et marchands que l’on pourra se livrer. Hôpitaux, usines, musées, commerces, bibliothèques, auront bien du mal à échapper au paradigme du contrôle pan-gnostique qui se prépare. Evidemment, quelques Luddites crieront au Brother (air connu). On leur répondra que l’on peut crypter et anonymiser si nécessaire, et que de toute manière les honnêtes gens n’ont rien à cacher. Fin du débat.

Quoique.

Les militants du futur

Lundi 21 avril 2008

Les spécialistes de la guerre nous présentent depuis de nombreuses années déjà, non sans une fastidieuse répétition, sans lésiner toutefois sur les exclamations admiratives, ce que sera le "soldat du futur". Bardé de capteurs, connecté en permanence par vidéo haute def, par LAN ou WAN large bande, et par GPS aux échelons de commandement.
Le corps du fantassin futur sera toujours exposé aux tirs, mais il servira de caméra à jambes agiles pour l’oeil intéressé des généraux ou des médecins, capables de suivre en permanence son état de santé et même son degré de combativité.

On imagine qu’en cas de faiblesse momentanée, on pourra libérer à distance un peu d’adrénaline ou de testotérone dans l’organisme des tire-au-flanc, préalablement lardé de micro-capsules.

Curieusement, on parle moins des aspects tactiques et stratégiques de la gestion virtuelle de la guerre. Est-ce parce qu’on touche le secret-défense? On pourrait en effet imaginer assez aisément des cartes n-dimensionnelles des situations tactiques et stratégiques partageables sur le WAN du champ de bataille, avec des niveaux d’accès soigneusement codifiés. On pourrait ainsi planer dans des data-terres, des data-cieux et des data-mondes véhiculant une réalité complexe et mouvante.
Tout ceci est déjà pratiqué largement dans la conception C3I. Les avions AWACS présentent des concentrés de telles techniques de visualisation et de planification.
Mais il est vrai que c’est moins spectaculaire. Il est vrai aussi que jamais, ni la technique ni la guerre  n’ont été de bonnes réponses à des questions mal posées. Or la guerre est souvent une très mauvaise réponse à des questions insolubles dans le sang.

Pour prendre un autre exemple, on apprend que de nouvelles armes à fragmentation mises en service ici et là (surtout là, d’ailleurs) offrent certaines propriétés. Par exemple on fait état d’une bombe qui explose au-dessus du sol et libère des centaines de "fléchettes" acérées, qui, telles des Guillaume Tell, coupent les têtes ou les moelles épinières. Un journaliste – caméraman vient de mourir ainsi fléché, la semaine dernière, dans un certain Territoire. Fait supplémentaire il a filmé le départ de l’obus, qui 3 secondes plus tard, devait le larder de ces dards incisifs.

Quel rapport avec le virtuel? On pourrait imaginer des centaines de flèches virtuelles planant sur Google Earth et mises à jour en permanence, visualisant l’amoncèlement des morts et des blessés, suivant la destruction des biens, calculant la misère. En deux clics, on aurait alors une bombe logique, une munition informative, nous faisant palper ce que les images vidéo ne montrent pas, ce que les cartes taisent.

Les militants du futur devront tirer parti de la puissance cognitive des représentations du virtuel, qui sont les stylos du 21ème siècle.

Géolocalisation et ADN

Dimanche 23 mars 2008

Prochaine étape sur le chemin de la société de surveillance: la reconnaissance automatique des séquences ADN  de tout individu, à distance, et en permanence.

Explication technique : l’ADN émet des ondes complexes, mais qui peuvent être désormais décodées en temps réel (je vous passe les détails) et permettent alors l’analyse des séquences ADN de tout individu. Des séquenceurs ADN sans contact sont répartis dans tout le territoire et permettent ce repérage en tout temps et en tout lieu (c’est en gros la même technique de surveillance que celle des RFID, sauf que ce sont nos séquences d’ADN qui servent de puces RFID…).

Analyse politique: à tout moment le Cyber Léviathan sait non seulement où sont (précisément géolocalisés) tous les individus, mais il peut également repérer toutes les traces d’ADN détachées de tout corps, et restées alors isolées. Il suffit d’un gramme d’ADN pour que les géoséquenceurs le repèrent, l’analysent et l’introduisent dans la base de données mondiale de géolocalisation ADN.

Quelques conséquences sociétales (entre autres): toutes les femmes enceintes sont repérables, car elles portent en elles un ADN nouveau, non disponible a priori dans la base.
Une femme qui vient de faire l’amour, est immédiatement repérée, car elle porte en elle l’ADN de son amant.

Les meurtriers, qui ont forcément laissé de l’ADN sur les lieux de leur crime, sont immédiatement géolocalisables.

La vie de tous les individus sera traçable sur une carte du monde, et on pourra détecter et mémoriser tous les déplacements, les déchets biologiques. Le moindre ongle coupé émettra des ondes géolocalisables. Les morts enterrés émettront longtemps leurs signaux de présence endormie. De ce fait, les funérariums ne chômeront point. On voudra, au moins dans la mort, échapper à la traque.

Ces nuages de points ADN seront nos traces permanentes. Ils définiront notre vie.

On vendra des simulateurs de "vol" qui nous permettront de planer à travers les lieux où aura vécu telle homme célèbre, où aura flané telle femme adulée.

La douane de la pensée

Lundi 10 mars 2008

Je lis ceci dans PC World:
"Si vous venez bientôt aux USA, vous devriez faire le grand ménage sur
votre laptop et téléphone car la douane américaine ne se focalise plus
seulement sur les batteries de votre ordinateur mais également sur
son contenu. Le contenu de votre téléphone, clé USB et appareil photo
sera également scrupuleusement étudié.
Le douanier a non seulement le droit de voir chaque mail, photo ou les
informations concernant vos mots de passe mais il peut également faire une copie miroir !
Certains ordinateurs ont même été confisqués pour
une recherche plus approfondie. De plus, le douanier peut faire cette
inspection sans donner aucune raison : même sans raison valable, votre ordinateur
ou votre téléphone peut donc être étudié. La plupart des
voyageurs ne connaissent pas les nouvelles directives concernant le
contrôle des frontières en Amérique et l’ACTE (Association of
Corporate Travel Executives) a fait un appel pour que cette information
intéresse la presse étrangère."
http://www.pcworld.be/fr/fiches/news/internet/bientot-en-voyage-aux-usa–la-douane-examinera-votre-pc.cfm

"Point de douane pour les pensées, — Gedanken Zollfrei", disait Luther, il y a presque 500 ans.

Nous sommes en 2008. Laissez votre imagination dériver, et faites l’effort d’extrapoler ce genre de pratiques. Dans 10 ou 20 ans, que demanderont les douanes et les polices? Quels mouchards nous obligera-t-on à coller dans nos portables, et nos mémoires?. Dans quel sorte de monde allons-nous?

Cyber brother et identifiants de contenus

Mardi 19 février 2008

Le journal Les échos vient de publier cette information.
"Le projet de décret élargissant le nombre de données liées aux contenus en ligne à conserver durant un an, est sur le point d’aboutir. Il s’appliquera à tous les acteurs de l’Internet et des mobiles : opérateurs, fournisseurs d’accès et hébergeurs. Le gouvernement Villepin en avait rêvé, le gouvernement Fillon va le faire. Malgré la vive polémique déclenchée il y a un an par un premier projet de décret obligeant les opérateurs de communications électroniques, les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) et les hébergeurs à conserver des données liées aux contenus, les ministères de la Justice et de l’Intérieur mettent la dernière main à une seconde mouture assez similaire. Au risque de déclencher à nouveau une levée de boucliers de tous les acteurs de l’Internet et des mobiles. Ce texte, que « Les Echos » s’est procuré, liste en effet toutes les données susceptibles d’identifier tout créateur de contenu en ligne que les acteurs de l’Internet devront conserver durant un an : adresse IP, mot de passe, login (nom de connexion), pseudonyme, terminal utilisé, coordonnées de la personne physique ou morale, ou encore les identifiants de contenus."

Le coup est donc parti. Une fois pris dans cet engrenage, plus rien n’arrêtera le progrès du fichage des idées et des mots, sous tous les prétextes. Il va falloir s’habituer à vivre dans cette transparence totale des intimités aux regards inquisiteurs des cyber-brothers. Une philosophie politique de la nudité des vies face aux yeux des forts viendra bientôt compléter l’arsenal juridique de la surveillance en tout temps et en tout lieu.

Une philosophie politique de la résistance reste à concevoir.

 

Sociétés de Surveillance

Dimanche 6 janvier 2008

La carte mondiale des sociétés de surveillance vient de sortir sur le site de  Privacy International http://www.privacyinternational.org.
Parmi les "sociétés de surveillance endémique", au plus haut niveau du classement mondial, on trouve les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la Russie, la Chine. La France arrive juste derrière.
Les choses vont bon train, et il y a encore beaucoup de progrès possibles en la matière. Il y a beaucoup à tirer de technologies émergentes comme IPv6, dont peu de personnes à l’heure actuelle pressentent leur impact sociétal massif. L’identification biométrique généralisée et la mise en réseau  de notre identité biométrique, si possible sous forme de puces RFID portatives, donnant lieu à la création d’un numéro identifiant unique mondial pour chacun de nous, est une excellente piste aussi. Le ciblage individuel, sémantique et comportemental, dont des firmes comme Google font leur fonds de commerce, va aussi faire encore plus de progrès. Nous sommes les nouvelles pépites des mines d’information des années 2010.
Mais la principale force de cette industrie du futur, c’est encore l’indifférence politique, philosophique et morale des citoyens, qui facilitent le viol de leur vie privée par ignorance.
La réaction viendra peut-être lorsque les conséquences de la marchandisation de l’intimité deviendront évidentes. Il sera alors bien tard. Les puissances économiques et financières qui ont un intérêt au viol journalier de nos vies privées seront alors en mesure d’imposer leur vision du monde, d’autant qu’elles seront appuyées par les Etats, qui surfent sur la demande sécuritaire.

Contre plus d’efficacité, contre plus de services, contre plus d’applications, nous allons donc inévitablement devoir accepter de nous dénuder au profit des banques mondiales de données. La transparence totale, je dis bien totale, sera donc un fait acquis.

La conséquence à long terme mérite bien un peu de réflexion. Sans doute allons-nous revenir à des formes de néo-puritanisme, logiquement accompagnées de nouvelles hypocrisies, de nouveux camouflages — tant l’intrusion indiscrète sera possible. Il y a aura aussi d’incroyables passe-droits pour ceux qui seront les grands-prêtres des banques de données et des serveurs d’identités.

Politiquement, Hobbes et son Léviathan impitoyable, et Orwell et son Big Brother douceureux ont tracé une bien probable esquisse.

Pluie de présences

Mardi 18 décembre 2007

Avant la fin de l’année 2007, et en guise de bons voeux à tous les lecteurs de ce blog, je vous propose un bref retour critique sur certaines évolutions techno-sociétales, et notamment le nouveau protocole Internet, le fameux IPv6.

IPv6, c’est la perspective de disposer bientôt d’assez d’adresses IP pour étiqueter toutes les molécules de l’univers. IPv6  fait bondir de joie les technophiles et les grands agenceurs d’empires réseautiques. Le philosophe, cependant, reste prudent. Non sur la technique elle-même, assez attrayante, mais sur son impact mental et sociétal probable.

Il y a d’abord le fichage ultra-généralisé qui préoccupe le philosophe. Non celui des êtres et des corps, déjà largement en place, et qui va évidemment se perfectionner. Là, le mal est déjà fait. Je pense plutôt aux fichages nouveaux, celui de chacun des mots et de chacune des idées que chacun de nous laissera filtrer dans l’univers réel, qu’il soit public ou privé. Il est même probable que les idées que nous n’aurons pas encore formulées physiquement seront aussi détectables et fichables par les associations et les implications que les moteurs cognitifs sauront extirper de nos recherches sur le web, de nos e-mails privés et des fonds de dossiers que nous laisserons ouverts à la bienveillante attention des spywares et autres espiogiciels planqués dans nos ordis, nos portables et nos GPS.

Il y a aussi le fichage détaillé du monde entier. Chaque centimètre carré de terre vierge ou habitée sera désormais taggé. Non pas de façon délébile (au Karcher), mais bien de façon indélébile et surtout invisible. Certes les GPS, par ce biais, feront pour notre amusement, d’importants progrès en images et en représentations. Mais le philosophe est préoccupé d’autre chose: la ponctuation du territoire par des cartes et des grilles conceptuelles, qui renverront l’appropriation foncière (le "real estate") à l’antiquité, et lui subsitueront l’appropriation logique et catégorielle, désormais brevetable, puissament monopolistique et opposable en droit à toute révolution future.
Je ne sais si en  Mai 2068 , nos petits et arrière-petits enfants devront se réveiller en sueur, mais le cauchemar commence à planter ses doigts noirs dans nos consciences.

Il y a aussi d’autres anges noirs qui nous guettent. Je pense à ces nano-drones, qui sillonneront le ciel, pour leurs missions d’espionnage militaire et civil, et qui peupleront nos angoisses nouvelles. Des pluies de présences virtuelles saupoudront le ciel d’yeux logiques, voyeurs lubriques ou tueurs, qui feront pousser des fleurs de mort, là où la vie n’est plus souhaitée, contre l’avis des vivants.

Plongés dans des gouffres nouveaux, aux tiroirs emmêlés, nous nous distraierons sans doute de mieux en mieux, avec l’Hollyweb et le voyeurisme général. Pendant ce temps, des tyrannies neuves bâtiront leurs divisions. La géostratégie du virtuel a déjà ses Clausewitz et ses Patton. Les Platon du virtuel, les Leibniz des réseaux logico-planétaires se font attendre. Le marché n’en a cure. Il compte. Le pouvoir s’en méfie: il compte aussi.

Il nous reste encore un peu de temps pour penser et rêver.