Archive pour la catégorie ‘Nouvelles’

Plastir

Mardi 7 avril 2009

Le n°14 de la revue PLASTIR vient de paraître. Ce premier numéro de PLASTIR de l’année 2009 est pour une bonne part consacré au concept de plasticité revu par le logicien Joseph Brenner sous l’angle dialectique et lupascien et par Eric Combet sous l’angle philosophique. La plasticité du concept est, pour paraphraser cet auteur, ensuite digitalisée par Philippe Quéau qui nous emmène au coeur de l’image et de la cyberéthique tandis que MarianaThierrot-Loisel nous fait glisser dans la reconnaissance de la présence du désir.

http://plasticites-sciences-arts.org/Plastir14_fr.html

Lâche

Dimanche 26 octobre 2008

Des compagnies d’assurance américaines, comme GMAC ou Progressive, proposent désormais un nouveau programme commercial appelé PAYD: Pay As You Drive. Pour y participer il suffit d’installer un petit appareil dans sa voiture pouvant enregistrer en permanence la vitesse, le kilométrage, les accélérations ou les coups de freins brusques, la consommation d’essence instantanée, etc… La compagnie GMAC utilise aussi les services du sytème OnStar qui peut déterminer avec précision la localisation du véhicule. Les conducteurs échangent contre cette masse d’informations une substantielle réduction de leur prime d’assurance.

Il y a peu, les compagnies d’assurance hésitaient encore à lancer ce genre de proposition commerciale, craignant le tollé public contre une invasion supplémentaire de la vie privée. Aujourd’hui, tout semble baigner. Les gens ont bien intégré que leurs données personnelles pouvaient se monnayer.

Les perspectives de développement sont fort prometteuses. Aujourd’hui basées sur le volontariat et l’initiative privée, ces techniques pourraient demain être imposées par la puissance publique, pour contrôler en permanence le comportement des automobilistes (sécurité oblige) ou l’impact de leur manière de conduire sur la pollution (écologie oblige). Il est facile alors de prévoir la suite. On pourra installer dans les habitacles des voitures des capteurs d’ambiance sonore (comme des chercheurs de Google ont déjà proposé de le faire dans les maisons pour suivre le comportement des téléspectateurs et des utilisateurs de médias divers). Attention alors aux conducteurs (ou conductrices) qui se laisseraient aller à quelques gâteries. Leurs primes d’assurance pourraient augmenter en flèche s’ils se lâchent.

La censure du sens

Lundi 20 octobre 2008

Microsoft vient de se voir reconnaître par l’Office des brevets américains (USPTO) un brevet (le n°7,437,290) protégeant une technique de censure automatique des flux audio sur le net. Cette "invention" permet de reconnaître n’importe quel phonème ou n’importe quel mot dans un flux audio diffusé en temps réel sur Internet et de l’effacer, ou de le remplacer par un "bip" de censure.
L’objectif cherché semble être d’éradiquer des conversations en ligne les mots obscènes ou jugés non conformes à la net-éthique de telle ou telle compagnie. Ce qui est évidemment précieux, par les temps qui courent.

De cette technique de manipulation des conversations en temps réel, il y a sans doute beaucoup d’autres applications à tirer. Pourquoi ne pas insérer des mots subliminaux dans les discussions à caractère politique de manière à subvertir en douceur leurs contenus? Par exemple on pourrait remplacer Obama par Nobama? Ou McCain par Palin? Ou tout autre astuce follement amusante.
On peut aussi imaginer de transformer complètement les échanges verbaux entre deux personnes, de façon indiscernable, si l’on possède l’empreinte vocale des interlocuteurs. Cette technique de subversion vocale a donc un grand avenir, pour la lutte anti-terroriste, pour l’escroquerie en ligne, pour la manipulation de l’opinion, pour la paix des ménages (ou leur éclatement), pour la distorsion des faits et l’embellissement des rêves.

Et ce n’est qu’un début!
La censure en temps réel des flux vidéo ne saurait non plus tarder. Le monde des images et de sons, il est clair que son avenir plus que probable est de (re)devenir une sorte de "monde flottant", pour reprendre (en la détournant) cette ancienne image japonaise. Dans ce monde sans fondement, sans certitude autre que l’assurance d’être cerné par des puissances logicielles, virales et brevetées, nous devrons apprendre d’autres catégories de mise en doute, et nous devrons acquérir une souplesse accrue pour jongler en temps réel avec les rhumatismes ontologiques.
Marx s’est moqué jadis, avec entrain, de la "critique critique", dans un autre contexte, il est vrai. Et pourtant! Bauer avait au moins trouvé une formule pétillante. De critique vraiment critique, nous aurons désormais besoin, pour la survie du sens.

Siffler n’est pas jouer.

Jeudi 16 octobre 2008

La Marseillaise a été sifflée lors du match France-Tunisie. D’où fort brouhaha dans le microcosme. Postures grandiloquentes. Promesses de sanctions. « On videra désormais les stades aux premiers sifflets ».  On aimerait voir ça!…

J’ai deux ou trois questions: Qu’est-ce qu’un chant révolutionnaire vient faire dans un match de foot? Qu’est-ce que la pseudo-religiosité du foot nous indique sur la mort supposée des religions dans un pays « en voie de déchristianisation rapide »?

Qu’est-ce que ces sifflements disent, d’ailleurs? Qu’est-ce qu’ils révèlent sur le contexte français? Siffle-t-on les hymnes nationaux au Maghreb? En Russie? Au Japon? En Chine? Aux Etats-Unis? Essayez un peu, vous verrez. Que cela ait pu être seulement possible en France, me fait davantage aimer ce pays, inventeur de la Fronde.

Je crois l’épisode particulièrement intéressant, d’abord parce qu’il révèle brutalement, simplement, la déroute symbolique des grandes messes païennes, leur vide intellectuel et moral, leur abime civilisationnel. Je crois surtout qu’il ne s’agit pas d’un attentat au drapeau, à l’hymne ou à la nation. Il ne s’agit même pas d’un attentat à la déesse foot. Il s’agit du peuple. Il s’est fait plaisir. Il prend conscience de sa force. Ces sifflets-là ne sont que des prémices. La prochaine fois, sifflera-t-il le FMI ou le G8? Qui sait? Comme le furet, le peuple passe et repasse, par ici, ou par là. S’il ne siffle plus, il pourrait se mettre à gronder.

STIC STAC STOC

Jeudi 25 mai 2006
  Consacré aux contenus et la création francophones sur Internet, la cinquième édition du Web Flash Festival se tiendra le samedi 27 mai 2006 au Centre Pompidou.J’y présenterai une fiction : « STIC STAC STOC », sur le thème des fichiers personnels en 2029, lors d’une conférence par webcam avec Ana Maria de Jesus. L’interaction avec le public sera également possible par téléphone (je serai samedi en mission à Abou Dhabi).http://www.flashfestival.net

17h45-18h45, « Conditionnel Futur, live  »
Ana Maria de Jesus et Philippe Quéau
Conférence-performance modérée par Anne-Marie Morice