Une équipe de neurologues et d’informaticiens vient de réaliser une carte de la rétine d’un lapin. Taille de la carte: 20 téra-octets. Ce n’est pas si énorme: cela correspond au poids en octets de 30.000 long-métrages. Mais enfin, cela fait quand même beaucoup d’images pour un seul oeil.
Ils s’étaient déjà fait la main sur des rétines de souris et avaient cartographié plus de 70 types de neurones. Utilisant trois marqueurs (des anticorps), ils ont pu identifier toutes les cellules fonctionnelles et ainsi faire des hypothèses sur leur rôle respectif.
Le but est de parvenir à expliquer comment les mammifères voient.
L’une des applications sera de permettre de "réparer" des rétines endommagées, par exemple.
On pourrait aussi envisager de créer des yeux artificiels.
Des perspectives s’ouvrent. On pense aux nano-drones qui vont bientôt peupler le monde de leurs yeux de silicium.
C’est un bon exemple de la pensée réductionniste et positiviste à l’oeuvre dans notre modernité conquérante. Nul doute que les cogniticiens vont s’attaquer, après la rétine, au cortex visuel. Car la rétine, c’est encore assez facile. Il ne s’agit que de lumière après tout. Comprendre que l’on voit et comprendre ce que l’on voit est une autre paire de manches.
Si l’on osait la métaphore, il y autant de distance entre la rétine de lapin et la vision, qu’entre un tube de télévision allumé dans une pièce et l’observation de la politique mondiale. Et encore.

http://www.wired.com/science/discoveries/multimedia/2009/04/gallery_rabbit_eye