Archive pour juillet 2008

Géo-esclavage

Jeudi 24 juillet 2008

De distingués juristes de l’Université de Yale aux Etats-Unis viennent de relancer le débat sur l’usage des puces RFID hypodermiques. Ils appellent le gouvernement fédéral à ne pas légiférer sur ce sujet trop tôt, de façon à laisser toutes ses chances à cette technologie qu’ils jugent juridiquement et socialement prometteuse. En effet, ils estiment que l’implantation obligatoire de puces RFID pour suivre en permanence les déplacements de criminels libérés sur parole seraient une solution efficace, pratique, peu onéreuse, et ne contredisant pas les droits constitutionnels. Ils proposent notamment de tester cette technique sur les pédophiles et autres auteurs de crimes sexuels.

Le procureur général du Mexique, ainsi que ses collaborateurs, sont déjà porteurs d’une puce RFID, censée permettre de les retrouver rapidement en cas d’enlèvement. Notons cependant que les puces RFID passives, actuellement utilisées pour l’implantation hypodermique, comme celles de la compagnie VeriChip, ne contiennent qu’une adresse de 16 bits et ne sont pas cryptées. Elles peuvent donc être clonées facilement. On peut aussi imaginer que les ravisseurs d’un procureur n’auraient pas de mal à trouver la puce sur son corps et à l’en extirper plus ou moins chirurgicalement.

Mais le point sur lequel je voudrais attirer l’attention du lecteur est le suivant. Cette technologie pourrait être rapidement généralisée aux personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, aux soldats envoyés sur le front,  puis aux étrangers en situation illégale, et pour finir à toute personne désirant se rendre dans tel ou tel pays plus particulièrement sensible aux questions de sécurité intérieure, dans le contexte globale de la "guerre contre la terreur".

Les passeports ont déjà des puces. Mais un passeport se vole ou se revend. Il vaut bien mieux, pourrait-on penser, que les puces soient enfouis dans les corps. Il est vrai que les corps s’ouvrent et se dépècent. Mais c’est une autre histoire. Les corps sont, disait déjà Hobbes, dans la main de Léviathan.

Vies brouillées

Mercredi 23 juillet 2008

Dans le cadre d’une enquête pour « Marketing Magazine » sur le brouillage entre le virtuel et le réel, réalisée par Aurélie Charpentier, j’ai répondu à ses questions.

AC: Mon enquête porte sur le brouillage entre le virtuel et le réel. En effet, dans notre société multi écrans, le virtuel tend de plus en plus à se fondre avec le réel. Pour preuve, les émissions d’information d’anticipation comme « Breaking News » sur Canal Jimmy, l’émergence de docu-fiction, le succès de jeux de simulation de vie comme les Sims ou le prochain Spore… Les enfants passent d’ailleurs aujourd’hui plus de temps devant un écran qu’à l’école. Aussi, n’y a-t-il pas un risque de brouillage entre le réel et le virtuel, le vrai et le faux ? Allons-nous arriver à un stade où la réalité sera totalement brouillée et embrouillée ?

PhQ- C’est plus qu’un risque, c’est déjà une évidence. Ce brouillage constitue une partie croissante de notre vécu quotidien. Nous sommes environnés de diverses sortes d’écrans lesquels transmettent divers niveaux de réalité et de fiction, dont il est de plus en plus difficile de faire la part respective. Ce ne sont pas seulement les écrans de la télé-réalité qui brouillent notre rapport au réel, mais c’est la docu-fiction, le retraitement numérique des archives et leur hybridation avec des images de synthèse, comme dans Death of a President, qui simulait l’assassinat de George W. Bush à partir d’archives bien réelles, mais retraitées. Plus généralement ce sont les mondes virtuels, les immenses jeux de rôle permanents, mais aussi l’irruption dans la vie quotidienne de nouveaux procédés, comme la "réalité augmentée" portable. Quand 300 000 britanniques se plaignent d’avoir été victimes d’accident parce qu’ils ont suivi "aveuglément" les instructions de leurs GPS, on voit que le virtuel a pris possession du réel.

AC: La multiplication d’images choc à la télévision et dans les jeux vidéo ne risque-t-elle pas par ailleurs de rendre les jeunes tout bonnement insensibles à la violence, cette fois-ci bien réelle ?

PhQ- Je crois en effet qu’il y a un sérieux problème d’accoutumance. Le virtuel, comme la violence, sont des drogues dures. Alors, la drogue de la violence virtuelle, il n’est pas facile de s’en désaccoutumer. Mais le plus dangereux, c’est que pris dans ces mondes virtuels, on acquiert une habitude de distance par rapport à soi et d’indifférence par rapport au monde. A force de vivre au milieu des pixels, on se croit invulnérable et intouchable. Lorsque l’on se crashe à bord d’un simulateur, on peut appuyer sur le bouton "exit" et refaire une partie. Ce type d’attitude est assez inadaptée à la "vraie réalité". L’autre problème, c’est que la véritable violence, la plus crue et la plus sanglante, est si insoutenable qu’elle n’est heureusement pas montrable dans les médias grand public. Mais elle existe. Et elle circule sur Internet. Un film comme Redacted, de B de Palma, montre bien cet aller-retour entre la réalité innommable de la guerre, et la fiction adoucie (ou censurée?) qu’on s’en fait. Au final, on assiste à une augmentation de la confusion des esprits, et à une occultation de la violence de la réalité. Il y a en effet aussi le risque que la violence du virtuel soit un moyen de nous détourner de nous intéresser de trop près à la violence du réel. 

AC: Le monde, transformé par la télévision et les nouvelles technologies en un flux constant d’images, va-t-il se « déréaliser » ?

PhQ- La déréalisation du monde n’est pas en soi un phénomène nouveau. Jadis, il y avait les jeux du cirque ou "l’opium du peuple". Aujourd’hui, il y a de nombreux types d’opiums en circulation, plus ou moins déréalisants. L’abondance des vraies-fausses images fait évidemment partie du tableau d’ensemble. Mais on pourrait élargir notre réflexion: les nouveaux produits financiers, les "futures" et autres "produits dérivés", hautement mathématisés et virtualisés, ne participent-ils pas à la déréalisation de notre perception du monde? On pourrait avancer également que les "idéologies" politiques ou philosophiques peuvent créer des représentations du monde déréalisantes, ou au contraire plus pertinentes, plus percutantes, susceptibles de nous aider à avoir plus de prise sur le "réel".

AC: Comment retrouver notre sensibilité face aux événements réels ?

PhQ- Retrouver la sensibilité c’est important, mais il faut aussi retrouver notre capacité critique, notre puissance de reconstruction mentale, d’analyse, et de prise de distance par rapport à tout ce qui nous "arrive". Non pour fuir cette réalité hybride, mais pour mieux la comprendre, et pour mieux ensuite contribuer à la transformer, et agir sur elle. Ceci exige évidemment un gros effort, surtout que le consensus global des pourvoyeurs d’images et de virtualités est plutôt de faciliter la passivité et l’endormissement, qui sont tellement plus malléables… Je crois que notre sensibilité doit passer par le filtre critique, préalable, de la raison, sinon c’est la porte ouverte à toutes les dérives, allant du populisme ou de la démagogie à des formes bien plus graves.

AC: Enfin l’homme ne va-t-il pas tout simplement se déshumaniser à force de vivre des expériences purement virtuelles ?

PhQ- Il est bien difficile de définir de manière consensuelle ce qui fait l’humanité de l’homme. Pour les Romains, par exemple, la "réalité" c’était le monde des "choses" (res). Le monde des hommes (vir)c’était celui de la "vertu" (virtus), mot qui est à l’origine du mot virtuel. Pourquoi? parce que ce qui fait l’essence de l’homme, c’est qu’il est constamment en devenir, en métamorphose. Le problème n’est donc pas dans le virtuel en soi. Les rêves, les religions, les philosophies, les chefs d’œuvre de l’art, les aspirations infinies de l’homme, on peut dire qu’ils sont bien plus "virtuels" que "réels". Le problème c’est que le virtuel qu’on nous donne aujourd’hui à consommer est un virtuel mort, clos, fermé, réifié. Il y a en revanche de l’avenir pour un virtuel, outil, moyen, qui nous aide à revenir mieux armés, mieux informés, sur le réel, et qui nous permette non seulement de mieux comprendre le monde, mais de le transformer effectivement. 

 

L’accident-GPS

Mardi 22 juillet 2008

On rapporte dans une étude commanditée par un assureur, que 300 000 conducteurs britanniques ont eu un accident pour avoir suivi aveuglément, si j’ose dire, les instructions de leur GPS. Il y a 14 millions d’utilisateurs de GPS automobiles en Grande-Bretagne, et le tiers d’entre eux déclarent avoir une entière confiance dans cet engin.

Ceci témoigne bien d’une tendance profonde. Le "virtuel" possède désormais une crédibilité telle qu’il s’impose comme une évidence, pouvant dans bien des cas oblitérer le réel, l’annuler ou le mettre de côté. Seul l’accident, le fossé ou le ravin peuvent (un peu tard) infirmer cette réalité virtuelle, si palpable, si tangible, qu’elle peut nous inciter à la suivre jusque dans la mort.

On peut généraliser cela à de nombreux aspects de la civilisation moderne. La spéculation sur les "junk bonds", les "futures" ou les produits dérivés, tous produits hautement mathématisés, se trouve aujourd’hui confrontée à un retour massif de ce qu’on pourrait appeler le  "véritable réel", substance difficile à saisir, et qu’on avait un peu perdu de vue. La crise des sub-primes et les sérieuses difficultés des banques ayant bénéficié si longtemps de pratiques fort douteuses bien qu’éminemment rentables, nous donnent à voir l’un des aspects de cette "véritable réalité", qui se traduit par le fait qu’aucun arbre ne monte jamais jusqu’au ciel, ou qu’aucune raison ne peut modéliser a priori la déraison humaine.

Le virtuel fournit de puissants outils d’analyse, d’assistance à la décision, de modélisation, de simulation. Il procure aussi de nombreux paradis artificiels. Mais il ne peut jamais se substituer à la réalité même. Ceci peut sembler une évidence. Mais cette évidence l’est de moins en moins pour de plus en plus de monde. Nous vivons désormais dans des bulles de synthèse, tissées de rêves logiciels, et sillonnées d’oasis numériques, dans une réalité désertifiée.

Des fossés traîtres et des ravins profonds nous attendent au tournant.

Intel inside

Lundi 21 juillet 2008

Les régulateurs anti-trust de la Commission européenne viennent d’accuser Intel, le plus grand fabricant mondial de puces d’ordinateurs, d’avoir fait de fortes pressions financières sur les distributeurs européens d’ordinateurs personnels (grossistes et détaillants) pour qu’ils ne mettent pas en vente de PCs équipés de puces AMD (Advanced Micro Devices). En d’autres termes, la Commission européenne accuse Intel d’avoir corrompu les distributeurs pour laminer son principal compétiteur, AMD, qui possède environ 20% du marché mondial. Cette accusation pourrait se traduire par des amendes colossales, pouvant atteindre 10% du chiffre d’affaires d’Intel, et pourrait entacher durablement la crédibilité d’Intel en lui accolant une étiquette infamante (qu’on pourrait exiger de voir scotchée à côté de la  fameuse étiquette "Intel inside" sur chaque PC…).

On voit par là que les slogans convenus sur le libre marché, la saine concurrence et les vertus du capitalisme ne correspondent pas à la réalité du terrain. Certes on le savait déjà, mais on pouvait douter que quelque puissance publique s’en préoccupât, en nos temps de privatisation sanctifiée.
On peut aussi s’étonner que dans le temple du capitalisme mondial, où Intel et AMD trouvent leurs racines, les autorités de régulation antitrust n’aient jamais pris la peine de se pencher sur ce dossier. Pourquoi donc ce genre d’affaires sort-il à Bruxelles et non pas ailleurs? La réponse me semble évidente. Certains ont besoin de champions nationaux à vocation mondiale, pour asseoir leur imperium chancelant. D’autres ont besoin de plus d’ouverture et de transparence, précisément pour échapper aux diktats monopolistiques des champions des autres.

La fameuse loi générale du "vainqueur prend tout" (the winner takes all) n’a pas fini de faire parler d’elle. Cette loi qui s’applique si bien aux normes, aux logicels d’exploitation, aux réseaux, a un peu plus de difficulté à s’appliquer aux matériels, comme on peut voir. Les duels, inégaux mais pérennes, entre Microsoft et Apple, ou entre Intel et AMD, en témoignent. A quoi est-ce dû ? La réponse a quelque chose à voir avec la notion d’immatériel. Plus on va vers l’immatériel, l’abstrait, l’idée pure, plus la compétition devient féroce, plus le contrôle se veut absolu, plus la volonté de vaincre sur l’autre se révèle totalitaire.

Ce résultat s’applique bien sûr à la Société mondiale d’information, aux convulsions visibles et publiques. Mais on peut aussi le généraliser aux idéologies. Le soi-disant combat du bien et du mal, dont tant de religions nous parlent, et que certains politiques reprennent à leur compte, de façon faussement naïve, est une façon imagée de dire la même chose: les idéologues (qui se croient toujours du côté du bien) veulent "vaincre" et  "tout prendre".

Ce dualisme exacerbé, qui nous ramène péniblement aux coupantes idées gnostiques et manichéennes (voir Marcion de Sinope ou Manès), continue de faire ses ravages y compris aux plus hauts niveaux de responsabilité politique. Il faut faire cesser ce simplisme, qui est un endormissement, un opium, au service des oligarques mondialisés.

Le mal et le bien sont fractals.
 

Les vertiges d’Edvige

Dimanche 20 juillet 2008

Suivant le décret n° 2008-632 du 27 juin 2008, le ministre de l’intérieur est autorisé à mettre en œuvre un traitement automatisé et des fichiers de données à caractère personnel intitulés EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale).

EDVIGE permet de centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif.

Les catégories de données à caractère personnel enregistrées par EDVIGE concernent les personnes physiques âgées de treize ans et plus. Elles incluent notamment les "signes physiques particuliers", les "comportements", les informations fiscales et patrimoniales, les déplacements et antécédents judiciaires, les données relatives à l’environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle.

N’y a-t-il pas une contradiction dans le fait que les informations collectées peuvent concerner des personnes agées de 13 ans, alors que ce sont les "personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif" qui sont censées être visées? Il est vrai que notre belle jeunesse est de plus en plus entrepreneuriale et qu’elle se montre de plus en plus socialement active.

Quiconque joue un rôle politique, syndical, institutionnel, économique, social ou religieux (cela fait beaucoup de monde…) verra donc désormais Edvige s’intéresser légalement à ses déclarations fiscales, à son patrimoine ou à ses "déplacements". Petite curieuse, Edvige pourra surveiller de près tous les contacts "non fortuits"…  Dans sa grande sagesse, le décret omet de décrire la manière dont les actifs fonctionnaires chargés de renseigner Edvige feront la distinction entre rencontres fortuites et non fortuites. Il faudra sans doute enregistrer systématiquement les rencontres fortuites afin de décider ultérieurement de la quantité de hasard dont elles sont composées.


Un temps de détresse

Lundi 14 juillet 2008

Riche en mérites, c’est poétiquement pourtant
Que l’homme habite sur cette terre.

Ce célèbre vers de Hölderlin a au moins deux interprétations, antagonistes. D’un côté on pourrait reprocher au poète d’être le captif de sa propre contemplation. De l’autre, et c’est là celle d’un Heidegger, le poète annonce un temps à venir, où l’essence de la poésie se réalisera dans l’histoire.

Dans la 7ème strophe de l’élégie Pain et vin , on lit d’ailleurs:
A quoi bon des poètes en un temps de détresse? Mais ils sont, dis-tu, comme les prêtres sacrés de Dyonisos,
Qui de pays en pays erraient en la Nuit sacrée.

Où sont les poètes du jour? Le rap? Je ne le crois pas.
Les poètes se cachent,car:
A quoi bon des poètes en un temps de détresse?

La panique des matériels

Vendredi 4 juillet 2008

La décision de l’ICANN de permettre désormais la création par n’importe qui, de n’importe quel nom de domaine de premier niveau (acronyme anglais: TLD. Les TLDs sont les .org, .com, .fr ou .eu…) est un fort joli coup. Financier d’abord, ouvrant largement les portes à une masse de nouveaux enregistrements de noms de domaines, multipliant les effets lucratifs pour l’ICANN. Politique ensuite, coupant ainsi l’herbe sous les pieds de ceux qui revendiquaient, jusqu’alors sans succès,  la possibilité de créer des noms de domaine de premier niveau en chinois, en russe ou en arabe.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. L’une des plus significatives (1) est celle de juristes spécialisés dans la propriété intellectuelle qui affirment que cela va devenir un "cauchemar" pour les propriétaires de marques déposées. Ils devront surveiller si leurs marques ne sont pas déposées comme noms de domaine dans les milliers ou les millions de nouveaux domaines de premier niveau. Ces mêmes marques avaient été déjà "déposées" à prix d’or, pour avoir le droit d’être accolées en exclusivité à des TLDs comme .com ou .fr.

L’abondance infinie des noms de domaines, rendue possible par la décision de l’ICANN, ne fait donc pas que des heureux. Elle empêche un capitalisme de la rareté dans le domaine des noms de domaine.

L’abolition de la rareté (en tous cas de certaines formes de rareté) est l’une des caractéristiques d’Internet et du numérique en général. On connaît certains effets pervers des monopoles, qui précisément s’efforcent de créer sans cesse de nouveaux obstacles à l’abondance intrinsèque au numérique, laquelle aurait pour effet de miner leurs sources de profit.

Cette remarque peut se généraliser sans difficultés. L’agitation actuelle sur la lutte contre le piratage (HADOPI) ou sur le livre numérique (qui mettrait, dit-on, à genoux l’édition papier) est un exemple de la panique générale en cours. Les bons esprits habitués à raisonner dans le monde matériel ont du mal à comprendre les nouvelles lois implicites de l’immatériel. La grande secousse du cocotier des privilèges acquis ne fait que commencer. La mise en place des nouvelles féodalités non régulées de l’immatériel, aussi.

(1) Voir par exemple http://news.zdnet.com/2100-9588_22-6242757.html