Un jeune californien de 20 ans est entré récemment au Centre médical de Travis Air Force Base, près de Sacramanto, pour se faire enlever un calcul dans la vessie. Il en est sorti avec ses deux jambes amputées.
Le chirurgien a en effet coupé accidentellement une artère pendant l’opération, causant une hémorragie si grave qu’il a fallu en conséquence amputer ses jambes.
Ce fait divers peut être commenté de diverses manières. Mais pour certains observateurs du système de santé états-unien, c’est là l’indice qu’il faudrait procéder à la mise en place d’une base de données électroniques des médecins et des chirurgiens, évaluant de façon précise leurs succès et leurs échecs professionnels. Cette base de données librement consultable permettrait aux patients de prendre connaissance par anticipation de l’expérience acquise et de la qualité statistique des soins fournis par tel hôpital ou tel médecin.
Je pense que ce système d’information et de contrôle finira un jour par exister. La logique même de la technoculture qui nous environne rend ceci parfaitement possible, soit sous une forme centralisée et coordonnée par l’Etat, soit sous une forme collaborative (mutualisant l’expérience de millions de patients frustrés ou comblés).
De plus, la nervosité et l’aigreur du corps social dans son ensemble devant les privilèges exorbitants de quelques classes sociales qui bénéficient de la confidentialité pendant que la plupart des citoyens lambda sont requis d’offrir une transparence de plus en plus grande aux investigations de leurs employeurs, de leurs assureurs ou de l’Etat, exigera en contrepartie une obligation de redevabilité des techniciens de la santé et des institutions afférentes.
L’arrivée prochaine et massive dans les hôpitaux de la génération du papy boom, peut-être un peu moins complaisante que les générations précédentes face aux dérives d’un système qui commence à toussoter sera sans doute un autre facteur facilitant ce type de mesure d’évaluation qualitative. On le fait bien pour les restos, et même pour les écoles. Pourquoi pas pour les cliniques et les hôpitaux?
Personnellement je n’y verrais que des avantages, si cela m’évite de perdre les jambes ou la tête.
Mais il y a évidemment à prévoir quelques inconvénients. Le jour où une telle bourse des valeurs médicales sera mise en ligne de façon transparente, les meilleurs praticiens pourront facturer leurs soins au prix (très) fort.
Les pires praticiens se verront désertés, ou alors ils traiteront les cas des patients les plus pauvres, ou ceux qui auront été déconnectés, pour une raison ou pour une autre, de l’accès à Internet…
http://techinsider.nextgov.com/2009/07/why_we_need_electronic_medical.php