
Quelques extraits d’un article de Cory Doctorow intitulé: « Pourquoi je n’achèterai pas un iPad (et pense que vous ne devriez pas non plus) » et publié sur Framablog.
Je me rappelle les premiers jours du Web – et les derniers jours du CD-ROM – quand tout le monde s’accordait à dire que le Web et les PC étaient trop « geek », trop compliqués et trop imprévisibles pour « ma mère » (c’est incroyable le nombre de technophiles qui mettent leur mère plus bas que terre). Si on m’avait donné une action d’AOL à chaque fois qu’on m’a dit que le Web allait mourir parce qu’AOL était simplissime et que le Web était un vrai dépotoir, je serais un gros actionnaire.
Et mes parts ne vaudraient pas grand-chose.(…)
Considérons ensuite l’appareil lui-même : à l’évidence, on s’est creusé la tête pour le concevoir, mais on ressent aussi un grand mépris pour l’utilisateur. Je suis intimement convaincu de la pertinence du Manifeste du constructeur (NdT : Maker Manifesto) : « Si vous ne pouvez pas l’ouvrir, alors ce n’est pas à vous ». Il faut préférer les vis à la colle. Le Apple ][+ d’origine était fourni avec le plan schématique des circuits imprimés, et a donné naissance à une génération de hackers qui bidouillaient leur matériel informatique ou leurs logiciels et ont bousculé le monde dans le bon sens.(…)
Si la presse parle autant de l’iPad, c’est selon moi parce qu’Apple assure le spectacle, et parce dans le monde merveilleux de la presse, chacun cherche une figure paternelle qui lui promettra le retour de son lectorat payant. Toutefois, ce n’est pas seulement parce que les gens peuvent avoir accès gratuitement aux journaux qu’ils ne paient plus. C’est aussi parce que des contenus alternatifs, gratuits et de qualité équivalente, se multiplient. L’ouverture des plateformes a permis une explosion de la quantité de contenus, certains un peu amateurs, d’autres de qualité professionnelle, la plupart mieux ciblés que ne le proposaient les anciens médias. Rupert Murdoch peut menacer tant qu’il le veut de retirer son contenu de Google, je lui dis : Vas-y Rupert, fonce ! Ta fraction de fraction de morceau de pourcentage du Web nous manquera tellement peu qu’on ne le remarquera même pas, et nous n’aurons aucun problème à trouver du contenu pour combler le vide.(…)
Les gadgets, ça va ça vient. L’iPad que vous achetez aujourd’hui va devenir de l’e-pollution dans un an ou deux (moins, si vous décidez de ne pas payer pour qu’on vous change la batterie). Le vrai problème n’est pas dans les fonctionnalités de ce bout de plastique que vous déballez aujourd’hui, mais dans l’infrastructure technique et sociale qui l’accompagne.
Si vous voulez vivre dans un univers créatif où celui qui a une bonne idée peut en faire un programme que vous pourrez installer sur votre appareil, l’iPad n’est pas fait pour vous.
Si vous voulez vivre dans un monde équitable où vous pouvez conserver (ou donner) ce que vous achetez, l’iPad n’est pas fait pour vous.
Si vous voulez écrire du code pour une plateforme où la seule chose qui conditionne votre succès est la satisfactions de vos utilisateurs, l’iPad n’est pas fait pour vous.
Intéressant
Et merci de la traduction
Mais qu’en pensez-vous ?
(Considérez cela comme un avis à chaud en attendant des précisions)
J’ai un peu l’impression d’avoir reçu un mail avec un copié collé
comportant comme seul ajout l’horripilante mention
« A méditer »
La question essentielle c’est celle de l’ouverture vs le mode « propriétaire ». En son temps le Minitel faisait les délices de France Télécom et de tous les fournisseurs de services taxables à la minute. Tout était fermé et « propriétaire » — et naturellement condamné à disparaître avec l’arrivée d’Internet, qui n’était vraiment pas dans le radar de la DGT de l’époque.
La DGT (FT) a résisté jusqu’au bout pour tenter de sauvegarder sa vache à lait, faisant perdre qq années à la France dans le développement d’Internet.
Eh bien, je pense que l’iPad est une sorte de minitel à la sauce Apple. Cela ne pourra jamais concurrencer, AMHA, l’infinie ouverture du monde du libre et de l’ouvert.
La campagne de pub actuelle de la part de grands médias moribonds, qui sur-vendent le « génie » de Jobs, (je pense à ces « dossiers » sur l’iPad, dépourvus de tout esprit critique dans ces quotidiens aux pieds de papier , qui n’ont toujours pas compris ce qui se passait sous leur nez), tente de nous faire accroire que le modèle iPad est LA solution. Que nenni!
Je pense que cet « objet » va en effet occuper un segment du marché, pour un temps. Et puis la mode va passer. Car l’objet brille un peu, mais le modèle est mort.
L’innovation, la vraie, jaillira d’ailleurs, d’une manière multiforme, imprévisible,connectant des concepts apparemment fort éloignés. Et tout le monde dira alors : Mais oui, mais c’est bien sûr!
La vérité éclate : le monde Apple est un monde fermé. Il en est de même pour les vidéos tournés avec un IPhone, c’est la galère pour les sortir et les mettre sur un logiciel de montage, y compris sur le produit maison : Final Cut. Là aussi, pour changer la batterie, il faut renvoyer le téléphone chez le constructeur.