Google vient de prendre langue avec la NSA, cette « agence nationale de sécurité » mondialement connue pour être capable d’espionner, partout et tout le temps, tous les types de communication électronique, à l’exception, pour le moment, de la télépathie. Il s’agit évidemment de consulter (et plus si affinité) les « geeks » les plus performants du monde, dit-on, pour qu’ils aident Google à trouver des parades aux « attaques ultra-sophistiquées », qui ont récemment affecté ce géant du Web, ainsi que quelques autres compagnies-clé, curieusement beaucoup plus discrètes à cet égard, comme Cisco ou Adobe.
Wired s’en émeut, et affirme que ce « deal » pourrait « tuer » Google. Et de rappeler que la NSA espionne sans vergogne tous les citoyens états-uniens, y compris certains membres du Congrès, sans mandat, ainsi bien sûr que le « reste » du monde. Et de citer la presse russe qui titre que désormais Google et la NSA « espionneront ensemble ». Pour ceux qui lisent le russe, voici le lien vers l’article de VebPlaneta.
Je faisais part sur ce blog, le 22 juin 2009, que le Wall Street Journal venait alors de révéler que plusieurs compagnies européennes aurait commercialisé des technologies fort puissantes d’ « inspection profonde » des paquets de données Internet ( »Deep packet inspection ») utilisées par des pays aux pratiques démocratiques controversées. Je soulignais surtout une petite incise (non développée!) dans l’article du WSJ mentionnant que ces techniques permettent non seulement de rassembler toutes les informations dont les « services » sont avides, mais aussi de les « altérer » à fins de désinformation ( »to gather information about individuals, as well as alter it for disinformation purposes »).
J’en concluais qu’il faudra désormais s’habituer à l’idée que non seulement nos flux de données privées seront constamment surveillés « en profondeur », mais qu’ils pourront être aussi éventuellement modifiés, truqués, pour tout usage utile à ceux qui maitrisent le monde.
Tout le monde sait que Google lit systématiquement et compile intégralement les e-mails des comptes Gmail et analyse en permanence et mémorise les mots-clés que nous utilisons sur son moteur de recherche. Bien entendu tous les autres usages de la galaxie Google, comme Google Voice ou Google Earth sont également empilables dans la base de données personnelles pratiquement ineffaçables qui est constituée pour chaque client de cette compagnie. Nul doute, donc, que l’accord de Google avec la NSA va être interprété par les « geeks » du monde entier comme une sorte de provocation.
Pour les usagers lambda, évidemment, il ne sera pas très facile de rester de simples spectateurs. Non que nous ayons des choses à cacher, bien sûr. Qui en a, quand on est honnête ?
Bref, désormais Google et ses applications vont devenir une sorte de nid d’espions planétaire. Est-ce bien raisonnable de rester dans ces parages?
Heureusement que, comme dit fort judicieusement Wired, on peut toujours se rabattre sur Bing et Yahoo Mail.
Hum. Bon sang, mais c’est bien sûr!

Cette nouvelle m’a également interpellée, d’autant plus que je ven
Oups, je reprends :
Cette nouvelle m’a également interpellée, d’autant plus que je venais de lire hier un article sur The Nation ( http://www.thenation.com/doc/20100215/sanchez ) qui mentionne le fait que ce sont probablement les systèmes mis en place par Google pour permettre aux autorités américaines d’accéder aux données personelles des utilisateurs qui ont permis les intrusions récentes sur leurs système.
On pourrait faire le même commentaire à propos des « trapdoors » que la loi fédérale oblige Cisco à avoir sur ses routeurs pour permettre aux « services » une intrusion en toute simplicité.
comment google peut-il lire tous les mails et les compiler ? Cà me semble rigoureusement impossible. La NSA, qui dispose des capacités d’analyse les plus importantes au monde, est incapable d’analyser l’ensemble des données qu’elle collecte (elle n’en analyserait que 2 millions par jour). Votre avis ?
2 millions par jour? Vraiment? Vous tenez cela d’où?
A l’évidence ceci relève de la désinformation — comme il faut évidemment s’y attendre dans ce domaine.
Voyons cela de plus près.
La puissance de calcul de ce genre d’organisme est à l’évidence de plusieurs ordres de grandeur supérieur au pétaflop (10 puissance 15). prenons, juste pour fixer les idées, une unité de compte, le yottaflops (10 puissance 24, soit un milliard de pétaflops) cité dans wikipedia.
2 millions par jour correspond à environ 23 « analyses » (comme vous dites) par secondes. Comparez cela avec ce que représente 1 yottaflop, à savoir: un million de milliards de milliards d’opérations par seconde.
vous m’avez mal compris ou je me suis mal exprimé. Je ne parlais pas des capacités de collecte et de calcul des ordinateurs de la NSA, mais de la capacité d’analyse.Par analyse, dans le domaine du renseignement, on entend l’interprétation par l’intelligence HUMAINE d’une donnée SIGINT.. Or, d’après ce que j’avais lu lors de la polémique sue le réseau échelon, d’un responsable de la DRM, la nsa n’était en mesure d’analyser « que » 2 millions de données par jour sur la masse de données collectées.
A titre d’exemple, lorsqu’un système d’écoute capte toutes les sources où va figurer le mot BOMBE, le nombre de données collectées est tel qu’il rend quasiment inexploitable la collecte. Parce que les programmes ne savent pas encore faire un tri sélectif suffisamment pointu pour se passer de l’analyse humaine.
L’expression employée par ce « responsable de la DRM » (2 millions de données) est fort vague. Sans doute à dessein. Elle ne veut à peu près rien dire.
Disons par exemple que 23 fois par seconde, pour faire image, des zettaflops et des yottaflops peuvent être mis au service de « l’analyse » d’un dossier particulier (personnalisé). Ou que 23 milliards de fois par seconde, des pétaflops de puissance de calcul peuvent être mis au service de « l’analyse » d’un dossier du genre LIFELOG (cf DARPA).
Mais il y a bien d’autres manières d’envisager la chose, et d’évaluer la puissance analytique.
C’est tout l’art du data-mining.
Quant à la puissance de traitement de Google (certes inférieure à celle de la NSA) il suffit de méditer sur la manière aisée et gratuite dont vous pouvez la mobiliser pour faire vos petites recherches sur leur moteur. L’extraction d’infos est leur gagne-pain et cela semble bien marcher pour eux. Le reste s’en déduit.
La puissance analytique d’un mot est minime par rapport à la puissance d’une image. Il suffis de voir les photos sur le site GigaPan pour se rendre compte des potentiels des prises avec une caméra-robot de 1.474 méga pixel, soit avec 295 fois plus de puissance que les photos à 5 méga pixels de nos caméras familiales.
Une seule photo donne la possibilité de « ficher » un million de personnes ! Ainsi cette photo de l’inauguration » de Barak Obama du 20 janvier dernier, dans laquelle on peut distinguer nettement le visage et l’attitude de chaque personne dans la foule immense. Cette photo se prête aux diverses analyses sous multiples critères.
(Et ce n’est qu’un avant-goût de la réalité « Big Brother »!)
GigaPan :http://www.gigapan.org/gigapans/29940/
SP