En arabe, l’adjectif أخضر  (akhdhar) vert, a un sens figuré qui peut paraître plutôt inattendu. Quand il s’applique à un homme, il a le sens de bien né, bon, honorable. Un « homme de bien » se dit
un homme vert ( رجل ال أخضر ).

En japonais, le kanji 青 SEI, qui signifie vert (mais aussi bleu), évoque par son pictogramme la couleur d’une jeune pousse de plante (生) près d’une source d’eau  (井 / 月).
Ce kanji bénéficie également de plusieurs sens figurés, dont l’un est presque inverse de celui du mot vert en arabe. Il est vrai que le climat du Japon n’a rien à voir avec celui du désert. Appliqué à un homme, 青 vert signifie en effet jeune, inexpérimenté.
Mais ce même kanji 青 a bien d’autres connotations, que l’on peut apprécier en observant ses diverses combinaisons.
Lorsqu’on accole 青 au soleil 日, cela donne  晴 s’éclaircir (en parlant du temps).
Lorsque 青 s’allie avec le cœur  心   , cela donne 情 pitié, sympathie, compassion.
Associé à 言  parole, mot, il signifie 請 demander un appui, solliciter.
Enfin, si on l’accouple à 米 riz, cela donne 精 : vitalité, énergie.
Le soleil vert connote le temps clair, le cœur vert la compassion, la parole verte une demande d’aide. Le riz vert signifie l’énergie. Et quand on ajoute 神 SHIN, dieu  à 精, cet ensemble (riz/vert + dieu)  prend alors le sens d’esprit  (精神, SEISHIN).
Dans l’œil japonais 青 apparaît vert ou bleu. Il connote la rizière avec les jeunes pousses de riz tendre, ou bien le ciel clair, d’où un tropisme vers des valeurs de pureté, de clarté, de transparence.
En revanche l’œil russe ne voit pas le vert dans cette gamme de tons. Dans la langue russe, le vert, зелёный, est très proche du jaune, жёлтый,  voire du doré, золочёный, золотистый.  L’étymologie l’atteste. Les mots verdure, herbe, or, jaune, doré, mais aussi renard, ou encore feuille morte, remontent étymologiquement à l’indien ancien hiranyam, « or », conduisant à la forme zaranya.
Mais pourquoi cette proximité entre le vert, le jaune et l’or ? En Russie, sans doute le destin des feuilles vertes est-il trop court, pour que l’œil s’habitue à leur verdeur. Elles doivent bientôt annoncer l’automne et troquer leur couleur pour le jaune et l’or, qui annoncent leur chute prochaine. Quant au renard, sa fourrure dorée ne dépare point les nuances des sous-bois dans la gloire de l’automne.
Dans les langues passées en revue, l’on voit que le vert est doté de connotations très positives, (virilité, honorabilité, jeunesse, pureté, sagesse, sainteté, sacré…).

Mais il y a une exception notable. En hébreu, le mot  יָרֹק (iaroq) vert, est souvent accolé à des mots comme jardin, herbe, plante. Mais le contexte du mot vert dans la Bible est la plupart du temps franchement négatif. Il est associé aux lieux des idoles, qui sont placées sous les « arbres verts » (« Ils se bâtirent, eux aussi, des hauts lieux avec des statues et des idoles sur toute colline élevée et sous tout arbre vert ». Rois 1, 14, 23). Sous cette « verdure », on se livre à la prostitution (« Et sous tout arbre vert, tu t'es courbée comme une prostituée », Jérémie, 2, 20),  et on y égorge les enfants (« S'échauffant près des térébinthes, sous tout arbre vert, égorgeant les enfants dans les vallées », Isaïe, 57, 5).