Homme 紳 =  le fil 糸 + dire 申

Dieu 神 = révéler 示+ dire 申


Dans les deux cas, le verbe "dire" semble figurer une essence profonde. Cela est d'autant plus étonnant que cette essence paraît donc constitutive de l'homme et du dieu. L'homme et le dieu ont pour essence commune le "dire". Le second caractère, celui qui les différencie, en étant placé comme une sorte de préfixe, définit deux modalités de leur "dire" respectif.

Le "dire" de l'homme est modalisé ou métaphorisé par le "fil" (le fil à coudre, le fil de soie, ou le fil de l'étoffe). La métaphore se dessine  ainsi: le "dire" de l'homme est une sorte de "fil" qu'il faut passer sa vie à dévider, ou bien à tisser, ou bien à suivre. Ou alors ce pourrait être la piste d'un labyrinthe, ou bien un lien liant?

Le "dire" du dieu, en revanche, se trouve modalisé par un second verbe: "révéler", qui est en fait une sorte de "dire" à un degré plus fort. Le dieu est donc un "dire" dont l'essence est de se dévoiler entièrement. La métaphore s'éloigne de la linéarité ou de l'embrouillamini du "fil" humain.

Etrange proximité, surprenante complémentarité, sans réelle contradiction, entre le "dire" qui se "révèle" et qui dévoile, et le "dire" qui se tisse, ou qui se voile.