C'est un « croquis » de Joseph Brodsky, ce poète condamné pour « parasitisme » qui obtint le prix Nobel.

Le laquais tremble. Rit l'esclave.

Le bourreau affûte sa hache.

Le tyran dépèce un chapon.

La lune envoie de froids rayons.

C'est la Patrie, une œuvre d'art.

Au lit, la Sotte et le Soudard.

La vielle gratte un flanc sans vie.

C'est un chromo, c'est la Patrie.

Le chien aboie et le vent passe.

Boris et Gleb, eux, se tabassent.

Au bal, des couples tournoyants.

Dans l'entrée, un tas d'excréments.

La lune luit, blessant la vue.

Dessous, tel un cerveau, la nue...

Pour l'Artiste, ce profiteur,

Qu'il aille se faire peintre ailleurs.